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Etudiants sénégalais de l'étranger: la question du retour ? le Sam 4 Mar 2006 - 19:08
nonesens
Invité
--Etudiants sénégalais de l'étranger: la question du retour
--Des engagements à faire signer aux étudiants sénégalais ?
Pour donner le débat suivant (en cours...)
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NONESENS dit :
Salut!
Je voudrai que l'on parle de la question du retour des étudiants qui sont partis à l'étranger.
Un peu de bilan subjectif
En France les lois se sont durcies sur l'immigration qu'on identifie à un problème plus spécifique : l'immigration clandestine.
Les critères d'admissibilité sur le territoire national sont devenus plus "sélectifs" et se penchent sur ce dont la France a besoin.
Les étudiants sénégalais qui sont venus en France ont soit en tête de s'y installer, soit d'en repartir après leur diplôme, soit encore hésitent entre rester et partir et essaient de saisir la bonne opportunité qui se présente.
Or les opportunités sont devenues incertaines, difficiles voire quasi inexistantes.
Le système universitaire est pourri parce qu'il ne fournit pas d'expérience et parce que ce sont pour ceux qui ne peuvent pas aller dans les grandes écoles.
Les grandes écoles sont souvent or de pris pour les ressortissants du tiers monde même ceux qui le peuvent se voient marginalisés dans le recrutement en entreprise : la priorité est d'abord aux français puis aux européens puis aux ressortissants des autres pays tiers.
Une amie sénégalaise qui avait fait télécommunication me disait que pour les stages personne ne la recrutait. Ce sont ses camarades français qui ont l'embarras du choix entre plusieurs propositions et qui lui fournissent le reste d'adresse, de tuyaux susceptibles d'être les bons.
Après cinq ans en France, elle est partie pour le Maroc ou elle fait une filière dans l'aviation, un autre cursus où elle espère être recrutée.
Ceux qui font Droit ou Administration (filière très prisée par les sénégalais qui espèrent peut être perpétuer le bureaucratisme malade et handicapé, il serait intéressant de faire des recherches sur le choix des sénégalais pour certaines filières- à moins qu’elles n’existent déjà) ne peuvent pas exercer en France s'ils n'ont pas la nationalité.
Ceux qui n'ont pas d'expérience et qui sont en Sciences Politiques, Sociologie, Anthropologie, Communication, Droit, Génie civile (j'ai des amis dans chacune de ses filières) travaillent dans des restos, sont videurs, gardiens de sécurité, garde enfant, femme de ménage, plongeurs, etc, et multiplient petit boulot sur petit boulot pendant des années.
Personne ne veut de cette situation, la plupart se disent c'est pour un temps ensuite je vais avoir une entreprise ou bien je vais aller dans mon pays et là bas ils auront besoin de moi.
Or le Sénégal ne recrute plus, ou le fait à une petite échelle. Les postes n’étant pas menacés, les fonctionnaires et certains agents dans le privé ne sont pas inquiétés et restent dans le même poste, dans des services qui tournent au ralenti pendant des années et où peu de nouveaux métiers émergent. Le recrutement fonctionne par piston et proche haut placé qui vous introduit.
La France recrute de moins en moins d’étrangers dans des postes haut placés ; soit c’est par concours (ceux qui n’ont pas la nationalité en sont exclus pour les concours administratifs), soit ce sont des postes précarisant peu rémunérés ou à durée déterminé.
Aux Etats Unis la situation est un peu plus favorable quand on a les sous (l'université coûte en moyenne 1500 dollars quand on habite pas dans le campus). Une fois le diplôme obtenu ils font moins de ségrégation pour embaucher c’est le cas de la Grande Bretagne) et si la nationalité américaine est acquise les choses sont plus faciles.
L’un des chercheurs les plus connus au plan international depuis quelques années est Mamadou Diouf, professeur d’Histoire à l’Université de Michigan.
En Russie (je ne comprend pas pourquoi des étudiants sénégalais s'y rendent) les étudiants crèvent de froid, l’ambiance ne se prête pas aux études ( à ce propos des étudiants sénégalais sans papiers coincés là bas ont émis des appels de détresse depuis des mois afin qu’on les rapatrie mais l’ambassadeur du Sénégal en Russie le Colonel Guèye dit qu’il n’en a pas les moyens) ne peuvent pas accéder aux universités et si c'est au sud font face à un racisme qui peut être violent parfois (étudiant camerounais tué en décembre 2005 et un kenyan blessé dans la ville de Saint-Pétersbourg).
Au Canada je ne connais pas la situation, tout ce que je sais c'est que les études sont chers et que des chercheurs sénégalais sont reconnus là-bas (cas de Lamine Diédhiou sociologue à la chaire Fernand Dumont de l'institut national de la recherche scientifique).
Maintenant il s'agit de savoir dans quel contexte se pose la question du retour et j'ai la nette impression qu'elle se pose de plus en plus aujourd'hui mais force est de constater qu'il y a lieu de s'inquiéter pour notre avenir. Le Sénégal est plongé dans un chaos et une mauvaise gestion qui semble de plus en plus sans précédent.
Le système éducatif qui a toujours été mal géré surtout au niveau de l'enseignement supérieur se fissure de plus en plus.
Est ce que nous allons faire face au niveau de l'IFAN et de Gaston Berger à des étudiants défaitistes et au niveau mondial à des étudiants qui aussi ne savent pas à quel saint se vouer et qui se demandent s'ils ont fait une erreur en quittant le pays, ce que la situation des les universités du Sénégal dément.
Alors qu'est ce qui va se passet?
Quelle place peut avoir la jeunesse de demain dans ce pays qui est le Sénégal?
Est ce que les jeunes se battent assez et pour la bonne cause?
Est-ce que les jeunes sont unis et ont conscience que leur avenir, que notre avenir est très menacé parce que tout simplement depuis l’indépendance des pays d’Afrique les dirigeants ne s’en ont jamais préoccupé sinon pour exploiter la jeunesse, les corrompre ou les utiliser comme chair à canon (cas de la jeunesse ivoirienne porte parole des coups bas de Bagbo, des chimères de Haïti ou des jeunes kabyles).
Aujourd’hui les pays européens ont décidé d’augmenter l’aide des pays pauvres en faveur du développement et pour limiter l’immigration clandestine.
Ce n’est pas une nouvelle, en tout cas ce n’en est pas une grande.
L’aide ne s’est jamais démentie. Nous sommes des pays et des peuples à tradition d’assistés.
Mais n’est ce pas peut être là une nouvelle manne pour les dirigeants africains en plus de la réduction de la dette, une nouvelle occasion de se remplir les poches parce que personne ne peut contraindre un dirigeant africain à orienter les aides dans les domaines où elles ont été prévues.
Que dire à ceux qui refusent le développement et un avenir meilleur pour son peuple, sa jeunesse ?



























