Le procès opposant la propriétaire d’un gîte vosgien à une femme qui s’était vu refuser le port du voile au sein de l’établissement se tiendra aujourd’hui au tribunal correctionnel d’Epinal (Lorraine).
C’est une histoire de « port visible de signe religieux » qui a mené deux femmes devant le tribunal correctionnel d’Epinal, aujourd’hui à 14 heures.
Fanny Truchelut est vosgienne, « profondément laïque et attachée aux libertés ». Horia Demiati est d’origine marocaine et « porte le voile par croyance ». Lorsque l’une décide de passer quelques jours chez l’autre, convictions et principes s’affrontent.
« Ils nous ont refusé l’accès à cause du voile »
Le 11 août 2006, Horia, 27 ans, veut faire découvrir les Vosges à ses parents. Installé dans l’Essonne depuis près de trente ans, le couple d’origine marocaine n’avait jamais quitté sa région.
Par l’intermédiaire d’Internet, Horia loue une petite maison isolée sur les hauteurs de Julienrupt, à quelques kilomètres de Gérardmer.
Chèque d’acompte envoyé, location confirmée, la famille au complet, sept personnes, se présente donc au gîte. « Les propriétaires nous ont refusé l’accès parce que ma mère et moi portions le voile », explique Horia.
Fanny, elle, affirme avoir « demandé qu’elles retirent leurs voiles dans les parties communes de la maison, par égard pour une autre famille qui occupait le gîte voisin ».
Au final, Horia et sa famille quittent les lieux pour poser leurs valises dans un hôtel de Gérardmer.
« Chez moi, je ne veux pas de ça »
« En trente ans, mes parents n’avaient jamais eu de problème de racisme. Moi qui voulais leur faire découvrir la France, j’ai eu honte de mon pays », explique Horia, qui a déposé plainte pour discrimination raciale.
« Le port du voile, ce n’est pas une provocation. Juste une question de croyance », ajoute-t-elle.
De son côté, Fanny Truchelut assure qu’on « ne peut pas laisser faire n’importe quoi dans ce pays. Tant pis si au regard de la loi je suis en infraction. Mais quand ils sont arrivés, les dames étaient voilées ; ils auraient pu me demander si ça posait problème ou pas, je leur aurais dit non tout de suite. C’est à eux de s’adapter dans des lieux privés et je leur ai laissé le choix. Chez moi, je ne veux pas de ça. Quand je vais dans un pays étranger, je me plie aux coutumes locales ».



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