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    [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

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    GMT - 1 Heure [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Abssiss BABISTO le 2006-09-16, 12:27

    Rappel du premier message :

    C'est ici le Paradis des poètes du forum ! Lâchez votre encre.....
    ______________________________________________________
    Je vous fais part donc d'une de mes publications personnelles !
    Dites moi ce que vous en pensez !
    C'est vrai que je ne me contrains pas trop sur le respect sans condition de la mesure sur les 12 (alexandrins) mais avec mon style de vers plus ou moins libres (plus simple d'ailleurs) je crois avoir fait ressortir mes sensations et sentiments !
    Toujours est-il que c'est vous les juges !!

    _________________________________________________

    Allons voir les vagues

    Je te rends ta mèche
    Mignonne, viens, je t'amène à la pêche
    Nous prendrons témoin l'autel des vagues
    Là, sous ce silence loquace je t'enfilerai ta bague

    Ô voleuse ! Laissons-la dérober le sable sous nos pieds
    Cette eau si inoffensive, à nous, ne peut se fier
    Déroulant sous nos silhouettes un tapis ondulé,
    Comme toi elle cherche à être adulée

    Mignonne, grimpe, là-haut, sur le toit de tes douceurs
    Positionne tes flèches et, je t'en supplie, vise mon cœur
    Ma vie, n'est-ce pas, comme la tienne
    Souffre et souhaite le bonheur que de la nuit advienne

    THIAM Babel

    _________________________________________________


    Dernière édition par le 2007-03-07, 02:50, édité 3 fois


    o
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    1) Dès ton arrivée, tu te présenteras
    2) De la bonne pub, tu nous feras
    3) De ton absence, tu nous préviendras
    4) Si tu t'inscris, ce règlement tu respecteras
    5) Si ca ne te plait pas, sans rien dire tu partiras....


    Si Je Ne Plais A Personne, Je Pourrais N'Être Que Mauvais;
    Mais Je Me Tiens Pour Détestable Si Je Plais A Tout Le Monde!
    Dit-D'Air-Haut


    Absciss BABISTO
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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Absciss BABISTO le 2009-11-19, 14:42

    Ché chaaaa

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Colombe le 2009-11-19, 14:45



    Zeriézékiri,

    Non,non,non,tu ne peux pas m'abandonner.. c'est a dire nous abandonner .


    Down on my knees i'm begging you fais pas cela please!

    Zeriézékiri
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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-11-19, 14:51

    Colombe a écrit:

    Zeriézékiri,

    Non,non,non,tu ne peux pas m'abandonner.. c'est a dire nous abandonner .


    Down on my knees i'm begging you fais pas cela please!

    Princesse,
    c'etait juste une erreur de ma part tu vois tout est bien qui finit bien

    Colombe
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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Colombe le 2009-11-19, 15:09

    Zeriézékiri a écrit:
    Colombe a écrit:

    Zeriézékiri,

    Non,non,non,tu ne peux pas m'abandonner.. c'est a dire nous abandonner .


    Down on my knees i'm begging you fais pas cela please!

    Princesse,
    c'etait juste une erreur de ma part tu vois tout est bien qui finit bien


    Ne nous abandonne zamé,don't even think about it.

    Notre Princeu reste avec nous!

    Merci!

    Spoiler:
    nous tèmons bocou sétadireu ze tèmeu bocou,ze tapprécieu .Ti es notre Princeu adoré!

    Zeriézékiri
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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-11-30, 16:29

    J'ai inventé de nouvelles rimes
    Pour commettre de nouveaux crimes
    J'ai chanté de nouveaux airs
    Pour me fondre avec dans l'air
    J'ai fréquenté de nouvelles fées
    Pour augmenter ma foi de damné
    J'ai tendu mes bras vers le ciel
    Pour sentir ma peau plus douce que sel
    J'ai percé le secret du torrent
    Pour passer devant le vent
    J'ai cultivé des terres arides
    Pour mettre des fraines d'hivernage
    Ce passager aux nuits torrides
    Qui ne laissent que ravages.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-12-10, 13:09

    Et qui sait si notre histoire pas encore commencée ne sera pas celle contée à de milliers de générations? Tes lèvres charnues que j'ai souvent caresser de mes doigts, dans leur silence le plus total, en disent plus que mille encyclopédies. Dans ton silence qui est ma source d'inspiration, les mots coulent à flôt et moi, tel un dinghys en plein océan je flotte entre eux. Je sens dans la chaleur que dégage ton corps en feu, un vent qui symbolise l'elixir de jouvence des chevaliers preux de la Table Ronde. Tu a été, tu es et tu seras de par une seule de ta présence-absence une infinité de félicitée pour mon coeur parfois en jachère. Tes mains, sillons fertiles qui accompagnent le laboureur dans son esperance de Ndam, voyageurs aux présents sans limites me couvent et me couvrent de netar d'appero, cette bois dionysiaque avec la quelle je me deshaltère avant que de tes pas lents et feutrés tu m'apportes l'ambroisie pour me requinquer afin de préparer notre chaude nuit hièmale.
    Tes rondeurs, saveurs exotiques qui trouvent leur quintessence dans la profondeur de ton moi-intime me rappellent ces senteurs là de cet illo tempore qui n'est plus que souvenir pour moi. Je sens mes mains trembler Jane quand je dois écrire des mots pour toi , pour moi, pour nous: bref quand je dois écrire mon echec.
    Car, Jane, sache le dores et dejà et pour des temps indéfinis, les mots sont incapables de reproduire les gammes harmonieuses que mon coeur concocte pour celebrer ta majesté. Sache le Jane, je m'incline devant la noblesse de tes yeux que le dictionnaire ne saurait magnifier puisqu' impossible, indicible. Sache Jane, que de mes larmes je vais boire et de mon chemin je vais rebrousser pour conserver cet ârome special que ton nom delivre dans ma vie de gueux sans destination. Sache, Jane que je ne suis qu'un enfant docile qui joue avec les mots, essayant du mieux de mon possible de representer ta beautée de fée mais loin, trés loin de mettre sur pied cette oeuvre parfaite.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2009-12-10, 15:16

    Zeriézékiri a écrit:Et qui sait si notre histoire pas encore commencée ne sera pas celle contée à de milliers de générations? Tes lèvres charnues que j'ai souvent caresser de mes doigts, dans leur silence le plus total, en disent plus que mille encyclopédies. Dans ton silence qui est ma source d'inspiration, les mots coulent à flôt et moi, tel un dinghys en plein océan je flotte entre eux. Je sens dans la chaleur que dégage ton corps en feu, un vent qui symbolise l'elixir de jouvence des chevaliers preux de la Table Ronde. Tu a été, tu es et tu seras de par une seule de ta présence-absence une infinité de félicitée pour mon coeur parfois en jachère. Tes mains, sillons fertiles qui accompagnent le laboureur dans son esperance de Ndam, voyageurs aux présents sans limites me couvent et me couvrent de netar d'appero, cette bois dionysiaque avec la quelle je me deshaltère avant que de tes pas lents et feutrés tu m'apportes l'ambroisie pour me requinquer afin de préparer notre chaude nuit hièmale.
    Tes rondeurs, saveurs exotiques qui trouvent leur quintessence dans la profondeur de ton moi-intime me rappellent ces senteurs là de cet illo tempore qui n'est plus que souvenir pour moi. Je sens mes mains trembler Jane quand je dois écrire des mots pour toi , pour moi, pour nous: bref quand je dois écrire mon echec.
    Car, Jane, sache le dores et dejà et pour des temps indéfinis, les mots sont incapables de reproduire les gammes harmonieuses que mon coeur concocte pour celebrer ta majesté. Sache le Jane, je m'incline devant la noblesse de tes yeux que le dictionnaire ne saurait magnifier puisqu' impossible, indicible. Sache Jane, que de mes larmes je vais boire et de mon chemin je vais rebrousser pour conserver cet ârome special que ton nom delivre dans ma vie de gueux sans destination. Sache, Jane que je ne suis qu'un enfant docile qui joue avec les mots, essayant du mieux de mon possible de representer ta beautée de fée mais loin, trés loin de mettre sur pied cette oeuvre parfaite.


    Mais qu'elle sache aussi que la perfection de la description vaut la perfection toute relative de l'oeuvre. Kierkergaard a dit que si un homme, tout au long de sa vie, se contente de noter ce qu'il a vécu, alors il est déjà philosophe. Tes paroles sont parfaites, car elles décrivent l'imparfait à la perfection. Ces paroles donnent vie à l'inerte, puisqu'elles parfont l'humain.

    Maintenant, qu'elle sache mériter ces paroles. Car ces paroles la méritent déjà.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2009-12-10, 15:37

    Et le Berger fit descendre sur la terre des hommes une oie et quelques graines.
    Mille ans s'écoulèrent, avant qu'ils ne commencent à peindre avec le sang des oies.
    Mille ans s'écoulèrent, avant qu'ils ne commencent à semer les graines.
    Mille ans s'écoulèrent, avant qu'ils ne commencent à tisser des feuilles.
    Et mille autres années s'écoulèrent, avant qu'ils ne commencent à écrire avec les plumes de l'oie.

    Mais l'éternité s'écoula, et ils n'arrivèrent jamais à créer de poésie.
    Contre l'illusion, nous nous levons.
    Contre l'idée que la poésie est heureuse, ou peut l'être.
    Contre nos tours érigées en repères, contre nos repaires littéraires sans issue.
    Contre le totalitarisme de la convenance.

    La poésie ne peut être heureuse.
    Elle est ce sang qui coule quand on a mal, ce coeur qui bat quand on a peur.
    La poésie instancie la souffrance, oui, elle est intolérable souffrance.
    La poésie ne souffre de rires, ni d'amour, ni de plénitude. La poésie est larmes.
    Car les larmes sont belles.

    Nous nous levons, une oie sous le bras, des graines au poing.
    Nous nous levons, hérétiques.


    Damnés jusqu'aux os
    Transis sous les eaux
    Nous calcinons mots et vaux
    De notre flamme poérétique.
    Nous faisons un doigt d'honneur
    Aux règles et aux leurres
    Ils sont faibles, ils ont peur
    Du verbe authentérétique.
    Sorciers vaillants alchimistes
    Mêlant vers et corbeaux tristes
    Comme l'or et le schiste
    Sous les encres antérétiques.
    Antéchrists au crâne décharné
    Monstres aux voix désincarnés
    Nous narrons dans notre carnet
    Les orgies gothérétiques.
    Les succubes qui riment
    Là-bas, lumineuses antonymes
    Appellent leurs griots éponymes
    Les batteurs acoustérétiques.

    Hérétiques
    Nous le sommes, torturés par les démons amis.
    Hérétiques
    Car dans nos yeux coulent les poérésies.

    «
    Sur leurs tombes, je grave
    Une courte épitaphe:
    "Ci-gît, les scribes graves
    Qui soulagèrent Sisyphe"
    »

    Allergies
    Aux joies et aux rires
    Qui sonnent quand les vers se perdent
    Comme un las soupir
    Du haut vigie

    Quand les éclats s'affaissent
    Et que l'or ternit
    Quand rien ne pousse, quand tout cesse
    Et que le jour noircit
    Quand les maux dévorent les coeurs
    Sous les bots élans
    Que niaiseries s'estompent et meurent
    Avec les faux amants
    Les ombres alors sortent dans l'indéfini
    Des silhouettes.
    Elles tournent, et leur ronde s'épaissit
    Lugubres poètes

    Au diable règles et codes
    A Dieu les rebelles calligraphes
    Qui écrivent sans ciller leur paraphe
    Dans la pierre qui s'érode

    Non, elle ne peut être heureuse
    Cette parole amère et rustique
    Ces vers sont ceux d'une gueuse
    Qui de son oraison fait sa musique

    Non, elle ne peut être claire
    Cette nuée qui nous couvre l'étoile
    Cette pluie et cet éclair
    Nous glacent jusqu'à la moelle

    Une hérésie à contre-courant
    Remontant le flot des hommes pressés
    La malédiction d'un mourant
    Abattu pendant que les plumes se prélassaient

    Hérétiques
    Oui, pourquoi pas
    Hérétiques
    Jusqu'au trépas.

    De cette copie
    Qui nous définit.
    De ce trop-peu
    Qui nous meut.

    Hérétiques!
    Oui, si l'hérésie
    Sauvera les impies
    Extatiques.


    Dernière édition par Lyncx le 2009-12-15, 08:31, édité 2 fois (Raison : Grex sumus.)

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-12-10, 15:50

    Tu as en un poème fait l'histoire de la poésie.


    «
    Sur ma tombe, je grave
    Ma courte épitaphe:
    "Ci-gît, le scribe grave
    Qui soulagea Sisyphe"

    »
    Comment le vâte sauva-t'il Sisyphe?
    Par les mots ?
    Les larmes ?
    Passe la vie sombre
    Lumière qui pourtant nous éclaire...
    De sa routine il sauva Sisyphe
    De sa routine.
    De sa plume lacrymale il a fait le monde
    Le monde est verbe
    La poésie est monde.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2009-12-10, 16:01

    Histoire dure, quoiqu'extrêmement subjective... Cette histoire est celle d'une illusion et d'un rêve.

    Le vâte ne sauva pas Sysiphe, car la sentence des juges qui le condamnèrent ne se laisse pas si facilement abattre. Sauver Sysiphe reviendra pour le vâte à soutenir le poids des atlantes. Pour sauver un maudit, il faudrait être un dieu.

    Nos entreprises ne sont-elles, en fin de compte, que des tentatives vaines pour sauver le Maudit?

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-12-10, 16:20

    Lyncx a écrit:Histoire dure, quoiqu'extrêmement subjective... Cette histoire est celle d'une illusion et d'un rêve.

    Le vâte ne sauva pas Sysiphe, car la sentence des juges qui le condamnèrent ne se laisse pas si facilement abattre. Sauver Sysiphe reviendra pour le vâte à soutenir le poids des atlantes. Pour sauver un maudit, il faudrait être un dieu.

    Nos entreprises ne sont-elles, en fin de compte, que des tentatives vaines pour sauver le Maudit?

    Désolé pour l'alterration de la mission du scribe, celà est du au voyage spirituel que j'effectuais en buvant le calice. Pour la question sur notre entreprise, c'est la même interrogation que je me fais en me servant de Jane. Malgré notre conscience de l'evenement et de ses limites on ne rend pas les armes..N'est-ce pas celà l'espoir?

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2009-12-10, 16:27

     respect  respect  respect  respect

    Devant l'impossible, on prend les armes, prêts à sacrifier nos âmes.
    Rien d'aussi beau que l'homme.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-12-10, 16:40

    Lyncx a écrit: respect  respect  respect  respect

    Devant l'impossible, on prend les armes, prêts à sacrifier nos âmes.
    Rien d'aussi beau que l'homme.


    Me rappelle Pascal, " l'homme le roseau pensant" ....Il ne faut pas que la nature entière se mobilise contre lui alors qu'une seule goutte de rosée peut l'anéantir. Seulement la grandeur de celui-ci par rapport à l'animal comprend au moins l'origine de sa mort d'où la conscience de l'evénement. Cette conscience de l'evenement fait de l'homme une creature d'exception.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Khapi le 2009-12-10, 17:17

    vous êtes top, sérieux et surtout que vous écrivez juste pour divertir.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-12-10, 17:34

    Khapi a écrit:vous êtes top, sérieux et surtout que vous écrivez juste pour divertir.


    Merçi Khapi ,
    ça fait toujours plaisir de partager avec les autres. Comme tu dis écrire pour le plaisir rien de tel mais rien de plus important pour celui qui écrit que le lecteur.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2009-12-11, 19:01

    Le Linguiste disait ceci:

    «
    Dans cette grande cité
    J'essaie de trouver un sentier
    Et aussi dur que j'essaie, cette pression ne me lâche pas.
    Dans cette grande cité
    Mon coeur n'a pas d'attache
    Et voilà que le poids de Babylone me ploie le dos.

    Tels dans un cirque
    Les gens suivent les rangs.
    On se bouscule...
    C'est tellement drôle, la façon dont on s'acharne...

    Prenons un moment, et savourons-le
    Avant que nous ne commettions l'irréparable.
    Prenons le temps de nous connaitre, soyons amis
    Partageons cette sagesse éparse.
    Ne nous sentons-nous jamais seuls, de temps à autre
    Comme si cette voute voulait nous asphyxier?

    Sitôt le labeur terminé, chacun
    Court, vivre sa vie
    Comme si tout ceci allait nous survivre...

    Je prendrais un moment
    Je le savourerais
    Avant que je ne commette l'irréparable.

    Le poète, à travers les mers et les océans
    Éternel Hérault, a choisi l'éternelle errance
    Je me suis retrouvé enfermé dans cette grande cité
    Dans l'étroite geôle surgie de la folie des hommes.
    Conçue pour me bailloner,
    Il me trouveront parmi les hautes herbes, les bêtes
    Et les galériens. Car mon coeur vit reclus dans l'arrière-cour
    Mais aura toujours du mal à te quitter, grande cité.

    Dans cette grande cité
    J'essaie de trouver un sentier
    Et aussi dur que j'essaie, cette pression ne me lâche pas.
    Dans cette grande cité
    Mon coeur n'a pas d'attache
    Et voilà que le poids de Babylone me ploie le dos.
    [¹]
    »


    [¹]: Interprétation libre de Big City Life, Mattafix.


    Dernière édition par Lyncx le 2009-12-12, 14:37, édité 3 fois (Raison : Non-redondance des posts, déplacement vers 'Lettres à ma mère'.)

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-12-11, 20:01

    Ça c'est le liber d'un aster dans une autre dimension...Il va falloir que je relise deux autres fois le texte.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-12-12, 14:31

    Et si tout n'etait que recommencement?
    Cette boule de Sisyphe qui aussitôt
    Au sommet roule vers les abysses
    Et qu'il faudra remonter aux acmés
    Et si tout n'etait que vanité?
    Cette pluie diluvienne qui s'empresse
    De tout emporter dans son sillage
    Me faut-il dans la splendeur de ton hymne
    Sauter d'etoile en étoile pour celebrer
    La communion de nos deux âmes
    C'est toi vâte qui me parle mon langage
    Celui que depuis son olympe me parle
    Le langage des dieux.
    J'aurais tant aimé avoir les ailes de l'albatros
    Pour porter ta plume vers les cieux ignorés
    J'aurais tant aimé avoir les yeux de l'aigle
    Pour percer et sonder la quintessence des vers
    Ver de terre ambitieux comme un centaure
    J'en m'en raconter mes secrets ailleurs
    Plus loin plus loin que les mots
    Dans un au-delà des mots,
    Au-delà du langage
    Au-delà du silence même.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2009-12-12, 15:35

    Zeriézékiri a écrit:Et si tout n'etait que recommencement?
    Cette boule de Sisyphe qui aussitôt
    Au sommet roule vers les abysses
    Et qu'il faudra remonter aux acmés
    Et si tout n'etait que vanité?
    Cette pluie diluvienne qui s'empresse
    De tout emporter dans son sillage
    Me faut-il dans la splendeur de ton hymne
    Sauter d'etoile en étoile pour celebrer
    La communion de nos deux âmes
    C'est toi vâte qui me parle mon langage
    Celui que depuis son olympe me parle
    Le langage des dieux.
    J'aurais tant aimé avoir les ailes de l'albatros
    Pour porter ta plume vers les cieux ignorés
    J'aurais tant aimé avoir les yeux de l'aigle
    Pour percer et sonder la quintessence des vers
    Ver de terre ambitieux comme un centaure
    J'en m'en raconter mes secrets ailleurs
    Plus loin plus loin que les mots
    Dans un au-delà des mots,
    Au-delà du langage
    Au-delà du silence même.


    Ainsi sommes-nous, ainsi est faite notre condition: recommencer sans cesse différemment les mêmes trajets, la même histoire, les mêmes émotions.

    Qu'espérons-nous trouver dans cet au-delà que nous n'avons jamais vu? Qu'espère trouver en pleine lumière le prisonnier de la caverne, qu'il ne puisse déjà voir dans son obscurité? En vérité, s'il existe, cet au-delà qui transcende le réel, qui l'explique et la décomplexifie, il faudrait alors que les yeux avec lesquels nous regardons, les plumes avec lesquelles nous écrivons, et même l'émotion qui nous inspire, cèdent la place à une condition qui est loin d'être humaine. Condition qui, certains jours, je te sens presque incarner.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2009-12-13, 19:06

    Cher ennemi,
    Poète qui divertit
    Poète qui dévie les esprits
    De leurs quotidiens soucis
    Poète qui amuse la galerie
    Qui brame et séduit
    Poète qui fuit
    Poète qui chante l'hérésie
    Mais qui n'est pas de son avis.
    Poète sans appuis.
    Poète bienséant
    Poète qui détourne les gens
    De leurs maisons
    Poète irréaliste
    Qui n'a rien d'un artiste
    Mais tout d'un bouffon.
    Poète hésitant
    Devant sa feuille rouge-sang
    Sans essence.
    Poète sans âme
    Qui n'écrit que le conforme.
    Poète chloroforme
    Qui endort et n'érode jamais.
    Poète maudit
    Qui ne dit que les mots dits
    Poète plagiaire
    Qui avance sans fixes repères.
    Qui suit aveugle
    Le lent convoi des sentiments
    Qui, sans règles,
    Meurt sans aucun sacrement.

    Poète. Souriant et jovial
    Sous les huées du Saint-Graal.

    Poète aux lettres boueuses
    Qui hait les lettres épineuses.

    Poète sans hérésie
    Car l'hérésie le transit.

    Poète qui sourit
    Pendant que le monde s'avilit
    Qui pince sa lyre
    Pendant que se trame le pire.
    Poète sans ire
    Sans raison et sans empire
    Poète preux et épris
    De chère, d'or et d'odes salies.
    Poète courtisan
    A la cour des rois Alexandres
    Traître et absent
    A tout cri et à toute esclandre.
    Aligné jusqu'à l'os
    Aux poteaux érigés dans l'avant-cour
    Aux valeurs fausses
    Aux cacophonies et aux tribuns sourds.
    Poète gominé
    Irréel dans sa splendeur innée
    Aux traits affectés
    Dans la valse des lâchetés.
    Poète d'anémie
    Au gant blanc de sang ami
    Qui, de son sabre immaculé
    Pourfend les vers éculés.
    Et un jour, le poète mourant...
    Un jour, des hommes naîtront
    Sous la plume lourde de l'homme errant.
    Et du poète, ils se repaîtront,
    Chair ennemie.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-12-14, 14:19

    Lyncx a écrit:Cher ennemi,
    Poète qui divertit
    Poète qui dévie les esprits
    De leurs quotidiens soucis
    Poète qui amuse la galerie
    Qui brame et séduit
    Poète qui fuit
    Poète qui chante l'hérésie
    Mais qui n'est pas de son avis.
    Poète sans appuis.
    Poète bienséant
    Poète qui détourne les gens
    De leurs maisons
    Poète irréaliste
    Qui n'a rien d'un artiste
    Mais tout d'un bouffon.
    Poète hésitant
    Devant sa feuille rouge-sang
    Sans essence.
    Poète sans âme
    Qui n'écrit que le conforme.
    Poète chloroforme
    Qui endort et n'érode jamais.
    Poète maudit
    Qui ne dit que les mots dits
    Poète plagiaire
    Qui avance sans fixes repères.
    Qui suit aveugle
    Le lent convoi des sentiments
    Qui, sans règles,
    Meurt sans aucun sacrement.

    Poète. Souriant et jovial
    Sous les huées du Saint-Graal.

    Poète aux lettres boueuses
    Qui hait les lettres épineuses.

    Poète sans hérésie
    Car l'hérésie le transit.

    Poète qui sourit
    Pendant que le monde s'avilit
    Qui pince sa lyre
    Pendant que se trame le pire.
    Poète sans ire
    Sans raison et sans empire
    Poète preux et épris
    De chère, d'or et d'odes salies.
    Poète courtisan
    A la cour des rois Alexandres
    Traître et absent
    A tout cri et à toute esclandre.
    Aligné jusqu'à l'os
    Aux poteaux érigés dans l'avant-cour
    Aux valeurs fausses
    Aux cacophonies et aux tribuns sourds.
    Poète gominé
    Irréel dans sa splendeur innée
    Aux traits affectés
    Dans la valse des lâchetés.
    Poète d'anémie
    Au gant blanc de sang ami
    Qui, de son sabre immaculé
    Pourfend les vers éculés.
    Et un jour, le poète mourant...
    Un jour, des hommes naîtront
    Sous la plume lourde de l'homme errant.
    Et du poète, ils se repaîtront,
    Chair ennemie.




    Je suis l'aveugle qui avance tâtant avec ces mains
    Sans savoir ce qu'il va rencontrer et qui
    Dans sa quête rêve, s'illumine et se sublime.
    Pourtant, je ne sais pas ce que je cherche
    Peut-être tout!
    Peut-être rien!
    Peut-être les deux à la fois
    Ayant l'espoir que cette quête accouche
    De quelque chose de jovial, de special, d'absolu
    Je suis l'ivrogne qui avance titubant
    Sans savoir où les diaprures de ces
    Réverbères le meneront
    Qui avance dans son ébriété fière
    Heureux d'avoir de nouvelles sensations
    Qui avance ouvrant les bras pour profiter
    De la puretée de la rosée matinale
    Qui avance, buvant de sa dive bouteille
    Un Nectar fait de larmes:
    Celles de sa femme et de ses enfants.
    Je suis l'enigme qui est devant toi
    Que tu essayes de décrypter avec
    Des formules liturgiques
    Alors que tu as mon essence en toi.
    Je suis le désir, ce vent qui souffle
    Dans les palais nuptiaux et qui
    Dans la violation de l'intimité des amoureux
    Les accompagne dans leurs ébats frénetiques.
    Je suis le goût:
    A la fois partout et nullepart

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2009-12-14, 15:29

    Zeriézékiri a écrit:
    Je suis l'aveugle qui avance tâtant avec ces mains
    Sans savoir ce qu'il va rencontrer et qui
    Dans sa quête rêve, s'illumine et se sublime.
    Pourtant, je ne sais pas ce que je cherche
    Peut-être tout!
    Peut-être rien!
    Peut-être les deux à la fois
    Ayant l'espoir que cette quête accouche
    De quelque chose de jovial, de special, d'absolu
    Je suis l'ivrogne qui avance titubant
    Sans savoir où les diaprures de ces
    Réverbères le meneront
    Qui avance dans son ébriété fière
    Heureux d'avoir de nouvelles sensations
    Qui avance ouvrant les bras pour profiter
    De la puretée de la rosée matinale
    Qui avance, buvant de sa dive bouteille
    Un Nectar fait de larmes:
    Celles de sa femme et de ses enfants.
    Je suis l'enigme qui est devant toi
    Que tu essayes de décrypter avec
    Des formules liturgiques
    Alors que tu as mon essence en toi.
    Je suis le désir, ce vent qui souffle
    Dans les palais nuptiaux et qui
    Dans la violation de l'intimité des amoureux
    Les accompagne dans leurs ébats frénetiques.
    Je suis le goût:
    A la fois partout et nullepart


    Oui, ce messager errant
    Aveugle qui illumine
    Lépreux qui enlumine
    D'or et d'argon les mourants
    Oui, ce disciple d'Hermès
    Prométhée pour les hommes
    Prêtre fier qui sur Sodome
    Célèbre la grand-messe
    Oui, ce peintre aux mains gercées
    Qui guérit la folie des peuples
    Qui partage sa joie et son temple
    Avec les brebis aux flasques percées
    Oui, cet éternel voyageur
    Linguiste cherchant le mot suprême
    Le vrai, le juste, l'authentique, et même
    La clés de toutes nos peurs.

    Oui, Ulysse qui reviendra.
    Oui, Arthur qui régnera.
    Oui, Héraclès qui vaincra.
    Oui, enfin,
    homme qui contre les lâches
    contre impies et pastiches
    guerroiera.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2009-12-14, 16:25

    Eureka!
    Eureka!
    Eureka!
    De profundis clavis
    pour me parler De natura rerum
    Et de Signis.
    Orphée !
    De ta cithare tu joues
    Et de ma lyre j'accompagne
    Mon alter-ego aux enfers
    Pour sauver sa Euridyce des mains de Lucifer
    Veni
    Vidi
    Vici
    Tu m'as enseigné ton secret et me voilà
    Aladzon, je jubile...
    Quoi que mon coeur dût respect
    A Jane, je crois que je choisirais
    Tes gammes, s'il m'eut été donné
    L'imperfection de choisir entre les deux.
    N'ayant pas fait ses humanités
    Jane courra puisque se sentant trahie
    Sans jamais me laisser le temps, l'instant
    De lui expliquer mon coeur c'est elle.
    Ainsi,
    Alea jacta est.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2010-01-02, 16:54

    Il aurait fallu beaucoup plus pour qu'il sortît de son rêve de rêveur eternel. Sans penser à quand et comment il etait venu au monde, il vivait sa passion d'aventurier des temps modernes.
    En réalité, son histoire etait commune c'est pourquoi il ne se voyait pas dans sa vie une quelconque raison de pavoiser encore moins de rougir de ce qui le liait aux choses et aux êtres. Connus ou pas.

    - Que voulez-vous que je fasse ? retorquait-il à tous ceux qui s'interessaient à sa vie, à son être bref , à son histoire.
    En realité, il etait juste un bâtard fils de bâtard car, l'homme blanc qui etait venu dans son village et qui a eu à partager le lit de sa grand-mère , refusa de donner son nom à son père: qui à son tour en bon fils, a suivi les traces de son propre père et le fruit de ses aventures se trouvait être lu. C'est la raison pour laquelle il se plaisait à repeter cette fameuse phrase :

    -Que voulez-vous que je fasse?

    Pestiféré, fils de pestiféré et petit-fils de pestiféré, il se trouvait neanmoins heureux de vivre sa passion: jouer avec les mots. Ces mots dans le secret desquels il cherchait le secret de son histoire, de sa therapie. Dans son chaos personnel et interieur à travers lequel se lisait la tribulation de beaucoup de semblables, il etait calme, pensif, tout simplement digne. Il menait un combat sans pour autant le clamer à tout bout de champ: le combat de la dignité.
    Faudrait-il naître dans les normes sociétales pour prétendre avoir une ambition pour cette société là- même qui nous a accueilli avec ses normes, ses préjugés ses jugements et sentances?
    Dans sa quête de dignité perdue puisque bâtard selon les normes, il s'en allait de grands matins à la rive pour accomplir son bain rituel histoire de se purifier un sang sali par les jugements.
    Me prenant à penser à quoi bon toute cette lutte qu'il menait et que je trouvais vaine, je me suis dit que miserables et vîls sommes-nous êtres prétendus doués de raison! Aussitôt, j'ai eu honte de moi-même et de mes semblables car, malgré la grandeur qui fait de nous des êtres superieurs, de pensée, on est criblé de vices. Peut-être est-celà notre fierté? Vicieux, jugeant les vices des autres! hors la loi qui hait un hors la loi!
    Dring.....
    C'est le reveil.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-01-24, 20:18

    Le matin. Le RER. Les gens qui ne se retournent pas, et qui pensent que leur vie dépend de l'arrivée du prochain train en partance pour l'enfer urbain. Les yeux gonflés, de sommeil et de fatigue, comme si la joie n'y avait jamais circulé. Les enfants hagards, las de courir derrière leurs parents.

    Le matin, et ma tête contre la vitre.

    A la station Luxembourg, une chose attira mon attention. Ou plutôt deux. Non, plutôt l'agencement entre une chose et une autre. Oui, à la station Luxembourg, une asynchronie attira mon attention.

    Il y avait, sur l'autre quai, une affiche énorme. Il devait bien occuper toute la hauteur du mur, et une bonne portion de sa largeur. C'était une photo d'une certaine constellation, prise par un certain télescope. C'était une photo superbe, géante, qui captivait tous ceux qui daignaient détacher leurs yeux du tableau d'affichage des horaires des prochains trains.

    Et il y avait une poubelle. En métal, noire et argentée. Une poubelle ordinaire, qui vivait sa petite vie de poubelle murale, sans embêter personne, que personne ne remarquait. Il y avait en cette poubelle un caractère solennel, de la solennité d'un garde dont la seule fonction est d'être. Cette poubelle n'avait d'autre fonction que de ne pas se faire remarquer, et de remplir correctement sa tâche de récupérateur invisible des déchets des hommes. cette poubelle n'avait pas pour mission expresse de se révéler aux hommes, car un outil ne doit se faire remarquer que quand il ne fonctionne pas. mais voilà que la poubelle avait failli à sa mission.

    Oui, car moi je la voyais. Ou plutôt, je voyais l'affiche. Ou plutôt, elles deux, et l'énorme différence qu'elles rendaient d'un coup, aussi lumineuse qu'un panda dans un désert. car la poubelle, solidement et irrémédiablement, était ancrée, vissée, fixée, au plein milieu de la partie basse de l'affiche. Elle était là, calme, tellement insignifiante pour nous, mais elle était là. Et ce n'était pas elle qui me préoccupait, mais sa place. Sa présence au milieu de cette affiche sublime avait quelque chose d'absurde, quelque chose de non-nécessaire. Par sa présence, elle rendait soudain la différence déchirante, et tellement belle. Rien ne la destinait à être vue, rien ne destinait l'affiche à être remarquée, rien ne destinait aucune chose devant laquelle les citadins passaient à être objet de contemplation. mais le simple fait que cette chose ait été en contact avec celle-là, l'acte même de jurer réciproquement par leur existence, le fait même qu'elles soient différentes, les rendaient tout d'un coup visible par un certain passager, un matin où tout prêtait à la monotonie. Elle était différente, cette poubelle. Pas parce qu'elle était particulière, mais parce qu'elle se trouvait en contact avec une essence autre, différente de sa condition. Il existe, certes, des différences qu'on ne remarque pas, mais lorsqu'elle est remarquée, elle fait vivre subitement les deux entités qui la font. Et cette vie subite leur donne une autre couleur, une condition supérieure à celle qu'elles avaient quand nous ne les voyions que comme des outils.

    La différence fait vivre. Nous ne pouvons à tout prix vouloir assimiler l'autre, car nous avons besoin qu'il reste autre pour que nous puissions vivre. Nous avons besoin d'appui, d'un terreau où planter nos racines. L'arbre ne se voit jamais au milieu des arbres. De plus, l'assoiffé ne verra jamais la particule d'eau qu'il engloutit, à moins que cette particule se différencie. Nous avons besoin que les choses se différencient, pour les voir. Et nous avons besoin que les êtres se différencient, pour respecter leur statut d'êtres.

    Et je continuais à écouter le Linguiste, pendant que le train s'ébranlait.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Khapi le 2010-01-24, 21:48

    A partir d'objets banals t'es parvenu à nous tirer une leçon de vie, dont on entend souvent parler mais qu'on a du mal à assimiler. Ceci dit nous devons vivre en acceptant les différences des autres d'autant plus qu'il fait vivre, surtout celles qu'a notre partenaire, ça pose souvent problème. MERCI! Ce serait bien aussi que tu nous finisses ton mini-roman.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Akissi Sukali le 2010-01-24, 23:16

    ndax nga segne ka dire!!!!

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2010-01-25, 14:43

    Lyncx a écrit:Le matin. Le RER. Les gens qui ne se retournent pas, et qui pensent que leur vie dépend de l'arrivée du prochain train en partance pour l'enfer urbain. Les yeux gonflés, de sommeil et de fatigue, comme si la joie n'y avait jamais circulé. Les enfants hagards, las de courir derrière leurs parents.

    Le matin, et ma tête contre la vitre.

    A la station Luxembourg, une chose attira mon attention. Ou plutôt deux. Non, plutôt l'agencement entre une chose et une autre. Oui, à la station Luxembourg, une asynchronie attira mon attention.

    Il y avait, sur l'autre quai, une affiche énorme. Il devait bien occuper toute la hauteur du mur, et une bonne portion de sa largeur. C'était une photo d'une certaine constellation, prise par un certain télescope. C'était une photo superbe, géante, qui captivait tous ceux qui daignaient détacher leurs yeux du tableau d'affichage des horaires des prochains trains.

    Et il y avait une poubelle. En métal, noire et argentée. Une poubelle ordinaire, qui vivait sa petite vie de poubelle murale, sans embêter personne, que personne ne remarquait. Il y avait en cette poubelle un caractère solennel, de la solennité d'un garde dont la seule fonction est d'être. Cette poubelle n'avait d'autre fonction que de ne pas se faire remarquer, et de remplir correctement sa tâche de récupérateur invisible des déchets des hommes. cette poubelle n'avait pas pour mission expresse de se révéler aux hommes, car un outil ne doit se faire remarquer que quand il ne fonctionne pas. mais voilà que la poubelle avait failli à sa mission.

    Oui, car moi je la voyais. Ou plutôt, je voyais l'affiche. Ou plutôt, elles deux, et l'énorme différence qu'elles rendaient d'un coup, aussi lumineuse qu'un panda dans un désert. car la poubelle, solidement et irrémédiablement, était ancrée, vissée, fixée, au plein milieu de la partie basse de l'affiche. Elle était là, calme, tellement insignifiante pour nous, mais elle était là. Et ce n'était pas elle qui me préoccupait, mais sa place. Sa présence au milieu de cette affiche sublime avait quelque chose d'absurde, quelque chose de non-nécessaire. Par sa présence, elle rendait soudain la différence déchirante, et tellement belle. Rien ne la destinait à être vue, rien ne destinait l'affiche à être remarquée, rien ne destinait aucune chose devant laquelle les citadins passaient à être objet de contemplation. mais le simple fait que cette chose ait été en contact avec celle-là, l'acte même de jurer réciproquement par leur existence, le fait même qu'elles soient différentes, les rendaient tout d'un coup visible par un certain passager, un matin où tout prêtait à la monotonie. Elle était différente, cette poubelle. Pas parce qu'elle était particulière, mais parce qu'elle se trouvait en contact avec une essence autre, différente de sa condition. Il existe, certes, des différences qu'on ne remarque pas, mais lorsqu'elle est remarquée, elle fait vivre subitement les deux entités qui la font. Et cette vie subite leur donne une autre couleur, une condition supérieure à celle qu'elles avaient quand nous ne les voyions que comme des outils.

    La différence fait vivre. Nous ne pouvons à tout prix vouloir assimiler l'autre, car nous avons besoin qu'il reste autre pour que nous puissions vivre. Nous avons besoin d'appui, d'un terreau où planter nos racines. L'arbre ne se voit jamais au milieu des arbres. De plus, l'assoiffé ne verra jamais la particule d'eau qu'il engloutit, à moins que cette particule se différencie. Nous avons besoin que les choses se différencient, pour les voir. Et nous avons besoin que les êtres se différencient, pour respecter leur statut d'êtres.

    Et je continuais à écouter le Linguiste, pendant que le train s'ébranlait.


    Trés beau texte. Je me demande pourquoi pourquoi dans un texte aussi solennel tu n'as pas voulu respecter la concordance des temps.L'imparfait du subjontif dans certaines propositions eut été letal pour nous lecteurs. Bravo pour ce nectar..

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-01-28, 10:59

    On ne saisit jamais toute l'essence d'une tragédie.

    On ne voit jamais comment les sourires se sont mués en larmes, comment les joies sont tombées en ruines. On aura beau écouter les victimes de la guerre conter leur malheur, ils resteront toujours pour nous ces étrangers qui refusent de partager un royaume trop amer et trop grand pour deux.

    L'autre jour, un homme m'a interpellé dans la rue, pendant que j'attendais mon bus. Il m'avait vu attendant, le regard perdu, et il avait sans doute besoin de parler. Il est venu vers moi, comme chargé d'un lourd secret inaccessible aux profanes, hors de portée des hommes qui ne lui ressemblaient pas. L'homme était noir et portait un manteau noir.

    Il m'a adressé un sourire, puis m'a dit bonjour. Et moi, en homme qui s'efforçait de toujours rester poli et de ne jamais froisser, lui ai rendu son sourire et son bonjour. Je m'interrogeai, beaucoup plus tard, sur le ton avec lequel je lui ai rendu son salut: dégageait-il toute la chaleur que cet homme avait mis dans le sien? Méritais-je ce bonjour franc, sans arrière-pensée, au point de le payer d'un bonjour dont j'étais si peu satisfait? La froide politesse intérieure suffisait-elle à compenser ce qui, j'en eus l'impression, venait du fond du coeur?

    Et il me parla. Il me parla de lui, il me parla de moi. Il me parla surtout de ses projets qui ne cessaient d'être sursis, qui ne cessaient d'attendre un horizon que lui seul voyait. Il me parla de ses recherches d'emploi infructueuses, de ses difficultés à trouver un logement, une famille et une situation, de son âge avancé et de mon âge encore innocent et plein de promesses. Il me parla de sa condition, condition d'homme simple qui ne demandait pas grand-chose à la vie, mais dont les prières tombaient chaque jour dans l'oubli divin. Il me parla longtemps, et je sentais qu'il m'aurait parlé une journée entière. Et désespérément poli, je l'écoutais toujours.

    Cet homme m'émouvait, son histoire me bouleversait. Et mon émotion était comme une rétribution à la chaleur avec laquelle il m'avait saluée. Cette émotion se voulait contrepartie, à la sincérité de ses paroles, à la simplicité de ses voeux, mais je sentais bien que cette émotion était inutile. Qu'importe ce que je ressentais à ce moment, mon émotion me disait toute son impuissance face à l'immensité de la détresse humaine.

    Notre émotion est un paravent qui, avec quelques brindilles et quelques feuilles tombées des branches automnales, tente de construire une tente aux malheurs sans-abri. Notre émotion est douloureuse, mais impuissante à calmer les douleurs. Notre émotion est douloureuse, car impuissante. Notre émotion face à la détresse est vide de sens, mais remplie d'une amertume que nous nous efforçons de ne pas perdre.

    Mais cet homme qui me parlait pendant que j'oubliais que je devais prendre mon bus n'était pas ému. Du moins, il ne semblait pas partager mon émotion. Cette émotion pour lui était inaccessible et incompréhensible, car inutile. Cet homme avait dépassé le stade où on s'émeut encore des trombes qui nous tombent dessus, et où on a besoin qu'un bras nous tende un parapluie. Cet homme ne voyait plus nos parapluies, car sa quête d'un abri sec l'absorbait tout entier. Il y avait dans son regard une artériole rouge qui brillait encore: une étincelle qui l'éblouissait et qui le tenait éveillé, alors que la mienne ne s'était pas encore allumée. Je m'en voulais de ne pas ressembler à cet homme, car il était clair que je n'étais qu'un figurant dans cette tragédie qu'on me contait. Oui, j'étais un figurant, et un figurant n'influence jamais le cours d'une tragédie.

    On ne saisit jamais l'essence d'une tragédie, si on ne la vit pas. On s'en émeut, on en a honte, ou quelquefois, on veut y participer. Mais on ne la connaît jamais. Les vrais acteurs d'une tragédie s'ignorent, et ne s'émeuvent pas.

    "Ah! Si je pouvais être cet homme!"

    Mais le lent processus, qui forge chacun des actes, ne se dévoile pas. Il nous est interdit, l'accès à l'histoire intime d'un être qui souffre, car le chemin vers cette souffrance a été arpenté par lui seul. Nous pouvons toujours l'écouter conter son malheur, mais cette succession d'événements depuis sa naissance jusqu'à ce moment où il se dévoile, cette cascade de la vie dont la source nous échappe, la chaleur de ce simple bonjour et sa justification, le choix de ce lieu et cet abandon inexpliqué de soi, toutes ces réponses nous demeureraient à jamais inconnues.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-02-04, 17:43

    En face de la fenêtre nimbée d'obscures lueurs vacillantes
    Des yeux voyagent
    Cherchant au delà du flot et des mots un motif encore solide
    Pour légitimer l'inaltérable vacuité des sens.
    En face d'un fanion que plantèrent ses ancêtres
    Des mains et des pieds fraîchement déliés
    Caressent l'angoisse des demains maudits.
    Une femme qui pleure et qui tousse
    Sur la terre éventrée,
    Des bribes qui s'échappent des poitrines moribondes
    Telles un pollen
    Qu'exhale une rose noire...
    Quand les Choses changent, l'amère liqueur des sangs reste.
    L'exquis parfum des caravelles
    Le long des quais brumeux d'Amsterdam
    Endort de lucre les tentations réprimées
    Et la violence.
    Et les bassesses.
    Quand les Choses changent
    Les tâtons se précisent
    Mais les doigts se perdent.
    Quand les choses changent, s'abrite sous le préau des Pouilles
    La rage des aliénés devenus maîtres
    Avatars fantomatiques d'une cause délétère...
    La troupe en marche s'est tue
    Dans les cépages de Wall Street.
    Quand les Choses changent,
    Que les bures, les jellabas et les maillets siéent parfaitement aux faux
    Les tombes ne deviennent plus necessaires.
    Quand les Choses changent
    Le silence assassin des statu quo
    Étiole les humanités.
    Quand les Choses nous changent
    Aux oublis coupables nous nous résolvons.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-02-07, 16:58

    Un bruit de pas au delà des songes
    Un silence qui s'abat
    Seul, sur sa chaise
    Le supplicié en face de son bourreau.
    La vie coule, imperceptible temporelle
    Entre les interstices grises de l'ennui
    La nuit coule, et coulent les jours
    Et galopent les poils qu'on voudrait retenir.
    On marche alors,
    Inexorables condamnés
    On marche sans ressentir le poids du soleil
    On marche au bout des existences
    Vides.
    Au bord des abîmes que nous creusâmes
    Se promènent nos âmes
    Au bord des joies âpres et sanglantes
    La faux happe une à une.

    Un bruit de pas au dela des songes
    Aussi réel que nos démons
    Les querelles oisives aux coins des âtres
    Pendant que la terre s'ouvrait.

    Un bruit de pas qui approche
    En silence, qui approche
    Sans que ni les malles ni les justices soient faites
    Déjà, à l'orée des nations
    Elle sent. Une odeur de cendres de silice.

    Un bruit de pas martèle alors nos seuils
    Comme martèlent les obus sur les corps barbus
    Et comme une peine qui trouve son baume
    La terre accueille les fantassins ailés.
    Sous le chaume délabrée
    L'enfant écrit un conte qu'ils ne liront pas
    Le conte de ceux qui ne liront plus
    L'épilogue de notre conte amer...
    Sous la pluie qui s'évapore au dehors
    Des mains se tendent
    Mais la manne ne tombera plus.
    Languir et mourir
    Sont désormais le souper.
    Souper, et s'anéantir
    Après avoir tout anéanti.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2010-02-08, 11:18

    Bravo lyncx, j'ai perdu l'inspiration mais à force de te lire elle me revient peu à peu..Tu parles mon langage..

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-02-08, 12:54

    Vivement que tu sois à nouveau parmi nous, ça fait longtemps que je ne me suis pas "délecté" -- mot qui traduit un peu notre sadisme -- de tes vers prosaïques...

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-02-08, 22:37

    Qu'est-ce qui nous pousse, des soirs d'insomnie, à choisir l'ennui?
    Qu'est-ce qui nous pousse dans les affres de l'errance?
    Quelle est cette tenaille qui agrippe nos sens
    Qui assaille nos volontés
    Qui menotte nos langues et emprisonne nos esprits?
    Quelle est cette étoile qu'on suit et qui ne brille point?
    Quel est-il, ce doux appel vers la lassitude infinie?
    Quelle est cette voix chaude qui nous susurre l'inacceptable?
    Qui nous cloue, nous hypnotise, jusqu'aux sursauts de nos âmes?
    Quel est ce non-vouloir?

    Ô frères! Quel est ce poids dont on peut se défaire?

    Quelle est cette rampante qui s'insinue sous nos pas
    Sous nos rêves et sous nos sueurs?
    Quelle est cette terrible malédiction qui nous lie
    Aux pesanteurs traitresses des vides las?
    Que n'avons-nous pas résisté, que n'avons-nous pas brandi nos coeurs
    Face à l'immensité des nuées de l'oubli?

    ô soeurs! Quel est ce poids dont on ne veut se défaire?

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2010-02-09, 14:01

    C'est la vâte qui dit son vouloir de dire
    Qui ne sera que dire et des mots dire
    C'est la lucidité, cette blessure sacrée
    Jumelle du soleil...
    Feux qui brûlent mais qui brillent
    Pour nous dicter le chemin salutaire
    C'est le fou lucide qui a perdu sa clé
    Dans la nuit noire de ses démences
    Et qui la recherche sous les reverberes
    Qui illuminent sa blessure.
    C'est l'enfant Issa qui dans son berceau
    Pleure dejà les atrocités de sa vie future
    C'est la femme trahie et oubliée
    Qui se taillade les veines pour sauver
    Son honneur
    C'est la pucelle souillée qui boit du sang
    Le peu qui lui reste sur ses jambes frêles
    C'est ce mome qui galère sous le froid hièmal
    Cherchant sa pitence quotidienne
    Afin d'echapper aux pincements pederastiques
    De son maître qui l'attend dans sa chambre lugubre
    C'est l'étincelle qui brille au firmament
    Et qui appelle les âmes au recueillement
    C'est le pas feutré de l'ivrogne qui avance
    Et tenant dans sa main la vie de sa femme
    Et de ses enfants.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-02-09, 22:59

    Jeux de mots
    Jeunes maux
    Saouls et crânes affronts déguisés
    Sous les cranes des frondes grisées
    Jeux d'émeus
    Jets d'émaux
    Sur nos étoiles et nos cierges
    Sur nos voiles et nos vierges
    Jeux de faux
    Feux d'agios
    Nous somment de céder nos corps
    Nos sommes ces dés sans sort...
    Jeux d'aumônes
    Oeufs sans jaune
    Fades comédies aux actrices lasses
    Fardeau maudit qui ose la tristesse
    Jougs d'étaux
    Jeux d'atouts
    Médiront sur la vie, tueront l'importune
    Mes dix ronds purs lavés, pour toute fortune
    Jeux d'inégaux
    Jeux de nigauds.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-02-21, 21:09

    Des traites sur mon mur
    Qui ne partent plus
    Des pas pas très surs
    Sur ma vie recluse
    Mes mains se promènent
    Sur l'horizon large
    Furtives ébènes
    Des feuilles vierges
    Douces dans la nuit
    Bois immaculé
    Elles brillent sans bruit
    Terres reculées
    Aux contrées très sombres
    Brûlent sans résine
    Cet aura, ces ombres
    Ces cendres mutines
    Et mes coeurs vacillent
    Entre blés et faux
    Auprès de la fille en vrille
    Je laisse ma peau

    Décaféinée - Breuvage amer
    Des cas aux faits innés - Aux sucres impairs

    Bus au crépuscule
    Noir et long fleuve sec
    Sans aucun calcul
    Le long des parsecs
    Prostré, l'homme écrit
    Son conte nocturne
    Sa vie et son cri
    Fracasse les urnes
    Plaintes sous les plots
    Scellées par la mort
    Sous les débats clos
    Que chante le sort...

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Akissi Sukali le 2010-02-21, 21:40

    dans quel sens on est censé lire? mangui miir

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-02-21, 21:52

    Lool! Dans le sens qui te chante... Soo miiré nga nieuw meu mayla aspirine wala CA-C1000

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Akissi Sukali le 2010-02-21, 22:01

    wé c vrai k ca marche dans tous les sens

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zalzal le 2010-02-22, 12:47

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    con Shocked héhé Laughing bounce bounce bounce
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    :up: humm youpi.........youpi hun Le fou
    Le fou


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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Rubi le 2010-02-22, 12:48


    Akissi Sukali
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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Akissi Sukali le 2010-03-01, 19:54

    Sans crier gare, au bord de la route
    Sans même un regard, tu m’as laissée dans ma déroute
    Cette lame là je ne l’ai pas vue venir
    Je l’ai seulement senti me transpercer, m’anéantir
    Ces larmes là sont les océans dans lesquels je me noie
    Six pieds sous mer, c’est désormais là que je me voie

    Plus de force, plus de vie, juste un désarroi
    Plus de force, plus de vie, juste une vie sans toi.

    Épargnez-moi votre pitié
    Laissez-moi ma peine
    Laissez-moi pleurer
    Jusqu’à ce que la Mort m’entraîne
    Laissez-moi souffrir
    Laissez-moi seule, peu à peu dépérir…

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Khapi le 2010-03-01, 23:29

    Akiss adhère dans le club de Lynxc et Zékiérézéki. Bravo!

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Amypoulain le 2010-03-02, 17:51

    bravo koiiii??? elle n 'a fait q du copie colle ishhhhhh

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-03-04, 03:01


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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-03-14, 11:19

    N'abandonnez aucun de vos semblables.


    Quels que soient les tours qu’ils vous jouent,
    N’abandonnez aucun de vos semblables !

    Le paysan qui vient de labourer son champ pierreux
    Peut bien se méfier de vous comme d’un maquignon
    Et vous fermer sa porte :
    Celui à qui il manque un cheval
    A des oreilles pour vous entendre.
    N’abandonnez aucun de vos semblables !

    L’ouvrier qui vient de graisser la machine
    Qui ne lui appartient pas, peut bien vous trahir
    Quatre fois, alors faites-lui confiance une cinquième fois !
    Ne risquez rien sur lui mais incluez-le dans vos calculs :
    N’abandonnez aucun de vos semblables !

    Le soldat auquel la victoire n’apporte rien
    Peut bien craindre ses supérieurs et vous ligoter
    A la roue du canon et cependant
    C’est lui qui le jour venu vous aidera
    Lorsque vous lui aurez ouvert les yeux :
    N’abandonnez aucun de vos semblables !

    Ils suivront votre ennemi tant qu’ils seront aveugles
    Mais c’est vous qu’ils suivront du jour où ils verront.
    N’abandonnez aucun de vos semblables !


    Bertoldt Brecht.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2010-03-24, 10:07

    Que le temps est locace, fugace, rapace et relaxe entre un désir

    Et sa realisation!

    Que le monde et fou, doux , mou pour qui a tout perdu et

    Qui n’a pas la conscience des choses et des évenements

    Que l’orage est ravage, rage et carnage quand dans son dechainement il

    Anihile toute velleité de riposte

    Que l’intervalle est cruel, mortel et dementiel entre un projet mûri


    Et sa future irrésolution

    Que de lourdeur,

    Que de langueur

    Que de terreur

    Il s’agit de l’honneur.

    Que la dive bouteille est abeille pour cet ivrogne impenitent

    Qui vénère son culte bacchusien

    Que d’hallucinations que de visions floutées

    Il s’agit de l’ataraxie : ce secret aux visages protheiformes

    Que l’absence est silence, nuisance, somnolence et medisance

    Pour celui qui porta le coup de grâce à la Diane de Verrès

    Que le secret est poids, foi, loi pour celui qui sait en mesurer

    La dimension symbolique de la confidence

    Que le silence est accablant suffocant et troublant

    Pour ce Judas qui a la conscience de sa traitrise

    Que la lucidé est lumière, clairière et éclair

    Pour le génie qui, en un seul acte emplit

    Et hante nos esprits pour des temps indéfnis

    Il s’agit de la vie

    Il s’agit de l’honneur

    Il s’agit de l’être

    Il s’agit nous

    Il s’agit du microcosme

    Dans son macrocosme.


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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Zeriézékiri le 2010-04-07, 09:47

    Et Dieu fit que la statue se
    dressât
    Et Dieu fit bien.
    Dans ce ce cirque sans nom où chacun
    tire
    Une ficelle puisque marionnette le gagnant
    Est cet hercule
    aux douze travaux vains en une decennie
    Qui plombèrent l'espoir et
    l'esperance d'un peuple
    Qui gît sous le poids de la pauperisation
    Dans
    ce brouhaha incessant et endiablé
    Qui tire sa quintessence dans les
    loges syncrétiques
    Où les acteurs fantôches s'illuminent de mille
    diaprures
    La gagnante est cette Venus pas du tout hottentotte denudée
    Qui
    exhibe ses collines jumelles sur les collines jumelles
    Aux touristes
    hagards et friands de chair exotique à vîl prix
    Dans ce tintamarre
    assourdissant et avilissant,
    Le gagnant est cet enfant roi qui, de
    son doigt de rose, de bronze
    Pointe le point d'horizon inaccessible à
    l'enfant Boubacar
    Ce talibé qui pour la énième fois le matin de la
    pendaison de cremaillère
    Venait d'être sodomisé par son Oustass
    Makhatar, ce serviteur du dieu
    De la souillure et de la pederatrie..
    Pleure,
    belle linguère pleure car
    L'innonce est violence dans ton silence
    aphone
    Complice.
    Pleure belle squaw pleure et pose ton fagôt à
    même le sol
    Et pleure encore à chaudes larmes.
    Poings et mains
    liés, le vulgus ne sait plus ou donner
    De la tête encore moins à
    quel saint se vouer
    Puisque dans son malheur saint et sein font un.

    puiser le secours?
    L'ombre envahissante de ce triumvirat satanique
    Les
    chants maléfiques de cette horde de rapaces voraces
    Le silence
    accusateur et complice de cette vermine
    Qui mine les croyances des
    peuples à fière mine.
    Jongoma,
    laisse couler tes larmes
    purificatrices
    Qui serviront de libations salvatrices à ce gueux qui
    cueille
    Les pleurs de sa prégeniture efflanquée.
    Unis-toi avec ce
    baobab debout qui défie le temps
    Pour defier le chaos satanique :
    c'est notre guerre punique.
    Alea jacta est.

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Jacaré le 2010-04-07, 10:21

    Tout simplement Excellent!  respect

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    GMT - 1 Heure Re: [POESIE] Le Paradis Des Amoureux Des Strophes !

    Message par Lyncx le 2010-04-21, 19:19

    A Pout-Diack, la nuit n'a pas de nom. A peine si elle se laisse héler, capturer ou approprier. Elle s'abat, lourde et complète, mais aucune velléité des hommes ne peut traverser l'épaisseur de son manteau sombre. C'est une nuit qui martèle, inconsciente de sa force, jusqu'à ce qu'on l'aime. Telle une bête farouche dont aucun fouet ne peut dompter les crocs, la nuit à Pout-Diack était belle par sa sauvagerie, sa tyrannie, sa complétude et son innocence brutale. Elle pétrifiait, et les êtres qui s'y mouvaient la chérissaient.

    C'est une nuit sans nom.

    A peine quelques bribes perceptibles, de temps à autre, dans un coin où la teinte un peu plus sombre que d'habitude laissait deviner une présence. Dans le noir, les voix et les rires qui s'entendaient, sereins étendards qui observaient les voyageurs perdus, sonnaient comme des phares qui orientaient les sens. Le stridulement d'une sauterelle se taisait par intermittence, rappelant aux hommes, comme si le noir n'eut pas suffit, la solennité de l'ombre. Au loin, les champs bruissaient, masse qu'on devinait à peine derrière les clôtures frêles. Les épis de mil ou de maïs se balançaient lourdement, hypnotiques, en chœur, comme célébrant quelque grand-messe nocturne dont les hommes ignoraient le sermon. Chaque bruit de pagne qui fuyait dans les ténèbres, chaque grattement de canif sur un morceau de bois, chaque raclement de talon nu sur le sol de terre battue, chaque balancement d'éventail, de branche ou de chaise était un signe, une lumière: par là, il y avait encore de la vie.

    De la vie, il y en avait partout, d'ailleurs. Nous avons pris l'habitude, dans les grandes villes, de ne pas apprécier la nuit pour ce qu'elle était, mais pour ce qu'elle nous donnait. Entre les remparts, la nuit est domptée, asservie, réduite à sa seule fonction apaisante. La nuit y est une trêve, un répit entre deux chaos diurnes. La nuit y est un refuge, temporaire certes, mais qui permet de se reconstruire avant les assauts du jour. La nuit y est une compagne frivole, une putain violée par les photons et les brouhahas dont nous avons l'habitude de la souiller. Au mieux, de temps à autre, se drape-t-elle de son manteau originel de reine vierge. Mais lors de ces retours fugaces vers la majesté, cette dignité retrouvée n'était tolérée que le temps pour les hommes de goûter à une innocence qu'ils avaient à jamais perdue. Sitôt qu'elle retrouvait ses racines, la nuit était rappelée à l'ordre, muselée par un bâillon lumineux de lampadaires non éteintes, de rires et de profanations sonores. Même sauvage, la nuit restait une servante.

    A Pout-Diack, la nuit n'a pas de nom. Elle ne se laisse pas interpeller, encore moins dominer.

    On l'aimait pour ce qu'elle était: une majesté altière qui ne souffrait pas qu'on la souillât. Là où sa sœur citadine participait des activités des hommes et de la continuité du jour, elle interdisait ici toute tâche majeure, toute exubérance, tout mouvement. Même la mort, même les conflits se soumettaient à son joug. Elle régnait, et ses sujets, pour ne pas la froisser, vivaient au ralenti. Les déplacements d'air étaient discrets, comme remplis de regrets, et s'évanouissaient aussi promptement qu'ils étaient apparus. Oh! les sujets l'acceptaient bien, ils avaient fini par aimer cette tyrannie. On ne se préoccupait pas, à chaque coucher du jour, de ce que la nuit donnerait, on n'attendait rien d'elle: elle n'avait de toute façon rien à donner. De même qu'un seigneur jouit de ses serfs, elle s'abattait sur les hommes, naturellement, sans accrocs et sans résistance. Les rares victoires qu'on lui arrachait, les cris clairsemés qui s'échappaient de temps en temps de son sein étaient teintées de discrétion coupable, de larmes, de contusions quelquefois. Elles étaient comme les bribes nécessaires, quoiqu'insolentes, d'un silence monacal. Rien ne devait troubler la nuit, sous peine de malédiction. Et, inconscients de leur rôle immense, les hommes se faisaient les gardiens catégoriques de cette intégrité nocturne.

    Je me rappelle d'une nuit, la même, toujours.

    Une nuit où rien ne se passa, mortellement ordinaire, terriblement noire. Une nuit qui ressemblait tellement aux autres qu'elle reste gravée dans ma mémoire et dans mes sens. Une nuit où, comme à l'accoutumée, je marchais pieds nus dans la chambre de grand-mère, tâtonnant, trainant des pieds, comme recherchant une paix encore plus profonde dans les recoins de cette chambre austère. Une nuit où mon corps entier se relâchait, comme annihilé, englouti dans l'informe atmosphère spectrale qui enveloppait le village. La terre battue se révélait soudain à mes talons, rugueuse, brute et charnelle. Une terre qui vivait, qui palpitait sous le raclement de mes membres secs. On eut même pu sentir les souffles qui agitaient son sein terrible de sérénité. La terre était là, dans toute sa splendeur, et chaque pas que je faisais sur elle enfonçait dans mon âme une parcelle de son éternité. La terre comme je ne l'avais jamais sentie faisait maintenant corps avec moi, les astres et les êtres s'étaient comme arrêtés dans leur course pour contempler ce sacre. Cette nuit-là, je sentis pour la première fois le fumet de l'absolu.

    Une nuit sans vents, sans nuages, sans lunes. Une nuit sèche, ni chaude, ni fraîche, où les particules ne bougeaient que sous l'impulsion d'un impatient qui ne pouvait s'empêcher de se déplacer.

    Une nuit souriante, consciente de sa force, comme mes tantes sur leurs nattes, étendues dans la cour. Elles se racontaient des histoires que j'eus voulu entendre même sans les comprendre, des mélopées indomptées qui berçaient les garnements assoupis. Qu'elles étaient belles, mes tantes! A demi-allongées, la tête sur une paume, ornant la nuit de milles repères, comme autant de bouées dans la mer... J'eus voulu écouter leurs paroles de plus près, mélodies fragiles au milieu de l'océan, mais je craignais que toute intention de ma part ne les brisât. Elles étaient déjà belles sans moi, ma maladroite contemplation ne pouvait que les enlaidir.

    Une nuit simple. Qui grattait, chantait, et régnait. Une nuit humaine.

    Et chaque nuit, en face des rues dakaroises inondées de lumières, de lampadaires et de piétons, sous ma fenêtre, ce sont ces nuits despotiques qui peuplent mes rêves.

    A Pout-Diack, la nuit n'a pas de nom. Elle s'appelle, mais son Altesse ne se trouble jamais pour répondre. Son Altesse La Nuit ne se donne pas, car sa richesse n'est pas à donner.

      La date/heure actuelle est 2012-02-11, 03:18